Situé sur les hauteurs du Rustinu, village natal de l'abbé Vignale (1789-1836), jeune prêtre qui par son ardeur au travail, sa compétence et son sérieux avait su gagner la confiance du Saint Père Pie VII.
Celui-ci, depuis Rome le nomma prêtre séculier et missionnaire apostolique dans l'île de Sainte Hélène pour exercer l'art de la médecine et de la chirurgie.
L’Abbé Vignale administra les derniers sacrements à l’empereur Napoléon exilé et fut désigné exécuteur testamentaire de Napoléon Ier. L’empereur Napoléon avait laissé par testament à l’abbé une somme qui lui permit de se faire élever une maison à Bisinchi.
C’est à Vignale qu’est mort, assassiné, l’Abbé Vignale.
Quelle fut la raison de l’assassinat de l’abbé Vignale ?
Il s’agirait, dit-on, d’un crime politique : l’abbé en savait trop sur la mort de Napoléon, qui, selon certains, aurait été empoisonné, et sa disparition garantissait son silence...
Selon d’autres, cette mort n’aurait pas cette résonance de haute politique . Le père de l’Abbé Vignale, élu maire, avait fait contrôler la gestion de son prédécesseur, Jean-Baptiste Canacci, qui appartenait à une famille rivale, et avait convoqué l’ancien maire devant le conseil municipal. Jean-Baptiste Canacci attribua l’initiative de l’attaque à l’abbé Vignale, seul homme dans la famille adverse capable d’imaginer une tactique aussi perfide.
Il clama « qu’on lui en avait trop fait » et désigna publiquement l’ecclésiastique a la mala morte. Le 14 juin 1836, on découvrait l’abbé assassiné dans sa chambre.
Cette chapelle avait déjà subi anciennement (vers le XVIIe s.) des réfections. La nef unique avait été augmentée d'une chapelle latérale s'ouvrant dans le mur Nord et l'abside semi-circulaire avait été abattue puis remplacée par un chevet carré plus grand.
Aujourd'hui, il reste une bonne partie du mur latéral Sud et de la façade.
La nef envahie de broussailles devait avoir environ 9.20 m de longueur et 5 m de largeur. Le petit appareil de schiste gris est régulier et soigné. Il comporte en revêtement des assises de dalles plus grandes disposées en chaînage. Les trous de charpente sont apparents.
On constate à Sant’Hilario que les murs sont hourdés en terra rossa mélangée au mortier de chaux, ce qui est rare. On suppose que Sant'Hilario pourrait avoir été construite au Xe s.
En dessous de la chapelle se trouve les ruines du village médiéval de Militru.
CARBUNARU
Lors de vos balades, vous pourrez apercevoir de nombreux vestiges de charbonnière, ils
sont reconnaissables par le muret autour d’une surface plane et abritée des vents et à
proximité d’un ruisseau, à la différence des aghja qui sont exposées au vent. Pour faire du
charbon, il faut du feu et de l’eau, afin de limiter les risques de voir le feu s’échapper d’une
meule. Les charbonnières pouvaient mesurer 6 mètres de diamètre et 3 mètres de hauteur
et demandaient 3 jours de travail pour les monter et 1 à 2 jours pour les allumer.
Le charbon de bois constituait une ressource essentielle dans le paysage industriel Corse
car il indispensable dans la fabrication du fer. La demande explosa pendant la Première
Guerre mondiale pour la fabrication des armes, le prix du charbon s’envola et des milliers de
personnes vivaient de cette industrie. L’arrivée du gaz naturel dans les années 1960 mis un
terme aux exploitations de charbon en Corse.
Principe :
Pour fabriquer du charbon, il faut carboniser du bois sans oxygène ni air afin de ne pas faire
brûler le bois comme dans une cheminée mais de l’étouffer pour le transformer en charbon.
Procédé :
Dans un premier temps, le charbonnier cherche un emplacement plat dans une forêt de
chêne vert, arbousier, scopa pour avoir le bois nécessaire proche et à disposition pour
alimenter principalement. Ensuite du bois était coupé.
Pour monter la charbonnière, il faut commencer par construire une armature en croisant le
bois ce qui représentera la cheminée centrale de la charbonnière. Les bois sont assemblés
en rond.
Ensuite, il faut renforcer la cheminée principale pour qu'elle tienne bien droite avec des bois
tout autour montés en dôme. Il était d’usage de disposer les plus gros morceaux de bois en
premier. Les petits bois servent, quant à eux, à boucher tous les trous, afin de la rendre
étanche et limiter la circulation de l’oxygène.
Une fois que l'armature est terminée, le charbonnier recouvre la charbonnière de fougère
puis de feuilles de chênes et enfin de terre et commence l’allumage.
Le charbonnier dormait à proximité afin de vérifier que le charbon ne s’enflamme pas. Il se
focalisait sur la fumée, en effet une fumée bleutée signifie que le charbon est fait. Si elle est
blanche, le bois ne s’est pas totalement transformé en charbon.
Après 4 à 6 jours de combustion, la charbonnière affaisse. Cette fameuse terre si meuble,
;est glissée entre les bois et a stoppé la combustion. C’est alors que l’on récupère les
cristaux de charbon.
Le ratio 100 kilos de charbon pour 500 kilos de bois
Le bélier hydraulique
C’est une invention de Joseph Michel Montgolfier en 1792. Ernest Sylvain Bollée améliore et
concrétise son invention et dépose un brevet en 1857. Il existe 2 pompes bélier en Corse
dont une à Fornu.
Le bélier hydraulique permet de pomper de l’eau à une certaine hauteur en utilisant
l’énergie d’une chute d’eau de hauteur plus faible, avec un dispositif mécanique et
hydraulique.
Principe de fonctionnement
Tout le système repose sur une soupape, relativement lourde, guidée verticalement, autour
de laquelle circule de l’eau provenant du réservoir tampon situé 5 mères plus haut. C’est
cette dénivellation qui permet à l’eau d’être sous pression.
Au début du cycle, l’eau descendant du réservoir tampon circule de plus en plus vite autour
de la soupape verticale pour s’écouler vers l’extérieur jusqu’au moment où son énergie
cinétique compense le poids de la soupape. Celle-ci se referme alors brutalement en
donnant le « coup de bélier ». A cet instant, une surpression se produit. L’énergie cinétique
présente dans la colonne d’eau avant la soupape fermée est alors dirigée vers une cloche en
fonte en ouvrant une deuxième soupape (clapet anti retour). L’eau s’introduit dans la cloche
à air qui sert de tampon pour absorber une partie du choc du coup de bélier et comprime
l’air présent dans la cloche jusqu’à ce que l’énergie dépensée dans la compression de l’air
soit égale à l’énergie cinétique de la colonne venant du bassin tampon. De là, l’eau s’évacue
dans la canalisation de refoulement menant au réservoir supérieur situé 30 mètres plus
haut.
Quand la pression dans la conduite d’arrivé d’eau redescend en dessous de la pression du
circuit de refoulement, le clapet anti retour se referme et la soupape verticale se rouvre sous
l’action de son ressort. Ce cycle peut alors recommencer…
Il se reproduit à intervalle régulier et la succession des opérations est entièrement
automatique. Elle se perpétue, jour et nuit, pendant des années sans intervention, à la seule
condition que le bélier reçoive une quantité d’eau motrice suffisante et qu’aucun corps
étranger ne vienne obstruer les clapets. C’est un dispositif peu couteux et pratiquement sans
entretien qui convient particulièrement en montagne.